
Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN : « L’Ukraine aura le droit d’utiliser des F-16 pour attaquer des cibles militaires en Russie »
Publié par ukrinform le 25 février 2024
Jens Stoltenberg : L’Ukraine aura le droit d’utiliser des F-16 pour attaquer des cibles militaires en Russie
Il appartiendra à chaque allié de décider de livrer ou non des avions de combat F-16 à l’Ukraine, mais le pays a le droit de se défendre, y compris en frappant des cibles militaires russes légitimes à l’extérieur de l’Ukraine.
C’est ce qu’a déclaré le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, lors d’une interview accordée à Radio Free Europe/Radio Liberty à Bruxelles.
Le chef de l’OTAN a dit que le retrait des forces ukrainiennes de la ville d’Avdiivka après des mois de combats intenses démontrait la nécessité d’une aide militaire accrue « pour veiller à ce que la Russie ne fasse pas de nouveaux gains ».
Interrogé sur la date à laquelle l’Ukraine sera en mesure de déployer des chasseurs F-16, M. Stoltenberg a répondu qu’il n’était pas possible de le dire. Il a rappelé que les alliés de l’Ukraine souhaitaient tous qu’ils soient présents le plus tôt possible, mais il a ajouté que l’effet des F-16 serait plus important si les pilotes étaient bien formés et si les équipes de maintenance et les autres personnels de soutien étaient bien préparés.
Selon lui, il appartiendra à chaque allié de décider de livrer ou non des F-16 à l’Ukraine, et les alliés ont des politiques différentes. Mais en même temps, la guerre en Ukraine est une guerre d’agression, a-t-il déclaré, et l’Ukraine a le droit de se défendre, y compris en frappant des cibles militaires russes légitimes à l’extérieur de l’Ukraine.
Publié par Courrier International le 22 février 2024
Pour le secrétaire général de l’Otan, Kiev peut frapper des cibles “hors de l’Ukraine”
Dans le cadre d’une interview accordée au média “Radio Free Europe” le 20 février [2024], le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a affirmé que Kiev pourrait utiliser les avions de chasse F-16 que l’Occident va lui livrer pour frapper des cibles russes “hors de l’Ukraine”. Une première depuis le début de la guerre.
Pour le Financial Times, le verdict ne fait aucun doute : à travers ses commentaires, “Stoltenberg a franchi un palier”.

Les phrases auxquelles le quotidien britannique fait référence ont été prononcées par le secrétaire général de l’Otan le 20 février[2024], dans le cadre d’une interview concédée à Radio Free Europe. En parlant au média dont le siège est à Prague, le politique norvégien a déclaré ce qu’il suit : “Nous devons nous rappeler que l’on est en présence d’une guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine, et au vu des lois internationales l’Ukraine a le droit de se défendre, y compris en frappant des cibles militaires légitimes, des cibles militaires russes, situées à l’extérieur de l’Ukraine. C’est la loi internationale et, bien sûr, l’Ukraine a le droit de se protéger.”
Si à première vue les déclarations de Stoltenberg peuvent sembler des phrases plutôt anodines dictées par le bon sens, elles cachent néanmoins la fin d’un tabou. Depuis le début du conflit, c’est en effet la première fois que l’Otan donne son aval explicite à des frappes ukrainiennes en territoire russe avec des armes fournies par l’Occident. Et pas n’importe lesquelles.
En effet, le secrétaire général de l’Otan s’est exprimé en ces termes lorsqu’on lui posait une question sur les F-16, ces avions de chasse de fabrication américaine qui devraient être livrés à l’armée de Kiev courant 2024.
L’Ukraine a donc reçu l’aval de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord pour utiliser des F-16 contre le territoire russe, et cela pourrait faire une différence de taille, puisque ces avions sont équipés avec des missiles de longue portée qui pourraient permettre de frapper la chaîne logistique de l’armée de Moscou en aval. Voilà qui constituait une requête stratégique extrêmement importante pour Kiev, qui a longtemps demandé à l’Occident de lui fournir des armements tels les Himars, pour pouvoir toucher des objectifs stratégiques loin de la ligne de front.
Les pays de l’Otan, qui ont longtemps été réticents à envoyer ce type d’armes par crainte justement qu’elles soient utilisées contre le territoire russe et qu’elles provoquent une escalade, avaient donc fini par céder aux requêtes de Kiev, mais avec une particularité.
“Le plus tôt sera le mieux”
En effet, “en raison des sensibilités occidentales concernant les attaques sur le territoire russe, l’Ukraine s’est toujours contenté de ne faire que des allusions à sa propre responsabilité lorsqu’elle frappait en dehors de ses frontières, sur le territoire russe”, rappelle le Financial Times. C’était là aussi une façon de ne pas mettre dans une posture compliquée ses alliés de l’Otan, mais désormais les déclarations de Stoltenberg sur les F-16 risquent de briser ce fragile équilibre.
Toutefois, le problème ne devrait pas se poser dans l’immédiat, puisque, comme le rappelle Radio Free Europe, “le secrétaire général de l’Otan a affirmé qu’il n’était pas en mesure de dire quand ces avions de chasse arriveraient en Ukraine”. “Le plus tôt sera le mieux”, s’est-il contenté d’affirmer.

