
Twitter Files n°19 : quand les Twitter Files deviennent les Covid Files – Par Renaud Beauchard
Renaud Beauchard est avocat et professeur de droit associé à l’American University Washington College of Law.
Par Renaud Beauchard, le 21 mars 2023
Dans les coulisses du Manhattan Project du contrôle de l’information
La dernière livraison des Twitter Files est probablement la plus importante à ce jour. Les communications exhumées par Matt Taibbi jettent une lumière crue sur la façon dont un récit officiel a été imposé concernant le Covid, au détriment de la vérité. Plus important encore, elles révèlent comment une industrie en réseau de contrôle de l’information est en train de se mettre en place servant les priorités du moment. Le même réseau peut passer, en l’espace de quelques semaines, du contrôle de l’information concernant l’intégrité des élections à la propagande en faveur des vaccins à ARN messager, puis à celle en faveur de l’Ukraine avant de rempiler dans le registre des élections alors que les prochaines échéances électorales approchent. Autre enseignement de ces nouvelles révélations : l’Université de Stanford apparaît comme le centre névralgique de ce complexe.
La livraison 19 des Twitter Files nous promène dans les coulisses du Virality Project. De quoi s’agit-il ? Selon la définition même qu’en donne le site dudit projet, il s’agit d’une “coalition de centres de recherche ayant pour but de favoriser des échanges d’information en temps réel entre la communauté de la recherche, les responsables de la santé publique, les agences gouvernementales, les organisations de la société civiles et les plateformes de réseaux sociaux.”
Son objectif est de “détecter, analyser et répondre à des incidents de désinformation concernant les vaccins contre le Covid sur tout l’écosystème en ligne, et en définitive, de contrer les effets de récits qui pourraient le cas échéant nuire à la confiance du public dans la sureté de ces processus aux Etats Unis”.
En bon français, le Virality Project, est un complexe de contrôle de l’information impliquant l’université de Stanford, des agences fédérales et tout un aréopage d’ONG (le plus souvent recevant des deniers publics). Son champ d’application couvre la plupart des plateformes, visant à assurer la surveillance de milliards de contenus sur les réseaux sociaux.
Cette surveillance est effectuée par l’enrôlement d’au moins six des plus grandes plateformes de réseaux sociaux (Twitter, Google/YouTube, Facebook/Instagram, Medium, TikTok, et Pinterest) dans un système de contravention (ticketing) géré par le Virality Project, qui traite chaque jour des millions de contenus estampillés désinformation, mésinformation et même malinformation.
Selon Matt Taibbi, il s’agit d’une étape décisive dans l’évolution de la censure numérique, passant d’un modèle caractérisé par une appréciation fondé sur la représentation fidèle ou non de faits à un modèle privilégiant la conformité à un récit officiel au détriment des faits.
La genèse du Virality Project remonte au mois de février 2021, quelques semaines seulement après l’investiture de Joseph Biden, lorsque l’Université de Stanford, qui hébergeait déjà l’Election Integrity Project, a fait pivoter son système de contravention JIRA des questions liées à l’intégrité du processus électoral vers les vaccins Covid avec de nouveaux partenaires incluant les partenariats mentionnés sur le site du Virality Project et le Digital Forensic Research Lab (DFR Lab) de l’Atlantic Council.

Dès le mois de février 2021, les chercheurs du Virality Project ont encouragé Twitter à considérablement augmenter le champ d’application de leurs politiques internes sur la mésinformation afin d’inclure des contenus discutant de vrais effets secondaires des vaccins, des critiques de systèmes de passeports vaccinaux comme étant des dispositifs problématiques en termes de droits et libertés, et des discussions portant sur des recherches scientifiques légitimes concernant les infections post-injections (breakthrough infections) et l’immunité naturelle.
Les chercheurs du projet signalaient explicitement des « contenus factuellement véridiques pouvant promouvoir une hésitation vis-à-vis de la vaccination », y compris des contenus discutant de mesures de santé publique adoptées par des pays étrangers ayant interdit ou suspendu des vaccins en raison de leurs effets secondaires. Selon les cas, des contenus factuellement véridiques sur les effets secondaires étaient ainsi répertoriés comme de la mésinformation ou de la désinformation, ou le cas échéant comme de la « malinformation » si leur diffusion pouvait avoir pour effet d’induire le public en erreur.
Les chercheurs de Stanford, suivis plus tard par les employés de Twitter, ont aussi signalé des campagnes contre les vaccins Covid comme établissant des passerelles entre la communauté antivax et la plus large « fachosphère » (right-wing media sphere).
En avril 2022, le Virality Project a émis un rapport appelant à la création d’une nouvelle agence gouvernementale logée au sein du Département de la sécurité intérieure (Department of Homeland Security « DHS ») spécialisée dans la lutte contre la mésinformation et de la désinformation.
DHS a brièvement tenté de créer cette agence avec le projet de Disinformation Governance Board, mais le gouvernement a dû remiser ce projet en raison d’un mouvement de rejet d’ampleur dénonçant la création d’un véritable Ministère de la vérité tout droit sorti de 1984 de George Orwell.
Parmi les personnalités politiques visées par le Virality Project figurent le représentant à la chambre des représentants du Kentucky Thomas Massie, et le sénateur du même Etat Rand Paul, lesquels avaient fait état d’une étude de la clinique de Cleveland dans l’Ohio, selon laquelle l’immunité naturelle provenant d’une contamination par le Covid entrainait une immunité au moins équivalente à celle des vaccins.
Parmi les craintes énoncées maintes et maintes fois dans les communications exhumées par Matt Taibbi figurent celle d’une utilisation de recherches scientifiques légitimes pour « instiller une méfiance vis-à-vis des institutions américaines de la santé publique ».
Plusieurs partenaires du Virality Project sont des organisations ayant reçus des fonds publics du Département de la Défense et de la National Science Foundation. Des propres dires des animateurs du projet, le Virality Project entretenait en outre une « relation étroite » avec plusieurs agences du gouvernement fédéral.
Avec un sens de l’ironie autoréférentielle tout à fait sidérant, les chercheurs du Virality Project ont même eu l’audace de répertorier comme de la désinformations les discussions associant le terme « Etat policier » (surveillance State) avec les vaccins contre le Covid.
Matt Taibbi a raison de voir dans le Virality Project sans doute l’aspect le plus sinistre révélé par les Twitter Files, avec des ramifications mondiales.
Ce n’est pas seulement l’Amérique qui est concernée, expliquait Taibbi dans son podcast hebdomadaire America This Week.
Cela concerne aussi l’Europe, via l’Union Européenne. Ce système est en train de devenir plus sophistiqué, plus imbriqué, et puissamment financé. La lutte contre la désinformation et la mésinformation est en passe de devenir un gisement inépuisable d’argent public encore plus important que celui de la lutte contre le terrorisme. Et le contrôle de l’information est assimilé au patriotisme pour un grand nombre de personnes, en dépit de la circonstance que c’est quelque chose de complètement antinomique avec l’idêe américaine. Et ce qu’ils ont fait avec les élections et les vaccins peut être répliqué sur une infinité de sujets. Par exemple, nous sommes tombés par hasard sur une liste de sujets à l’attention de YouTube. On pouvait lire « nous avons déterminé que ces vidéos alimentent un récit hostile à l’Ukraine. » Je ne sais pas ce que YouTube a fait avec cette liste, mais il est pour le moins préoccupant que quelqu’un ait pu prendre la plume et adresser un tel message à YouTube via le FBI et DHS. Qu’est-ce qui nous arrive ? Sommes-nous en train de voir l’argent de nos impôts être employé afin de façonner le paysage de l’information sur des questions devant faire l’objet d’un débat public ?
Et le co-animateur d’America This Week, Walter Kirn, de surenchérir:
Lorsque nous sommes parvenus au point où des informations factuellement vraies ne peuvent plus être employées dans la formation d’opinion, où des preuves ne peuvent plus être débattues, nous sommes devant la violation de quelque chose de beaucoup plus transcendantal que la Constitution américaine. C’est la méthode expérimentale, c’est la raison qui est directement menacée.
Traduction du fil Twitter des Twitter Files No. 19
1.TWITTER FILES #19 La grande lessiveuse à mensonges du Covid 19, Stanford, the Virality Project et la censure de “ vrais récits”.
2. “ La publication des emails du Dr. Anthony Fauci de 2020… a été instrumentalisée afin d’exacerber la méfiance envers le Dr. Fauci “ et “a accru la défiance vis-à-vis des conseils d’expert de Fauci. “


3. “Les contenus discutant d’individus vaccinés qui contractent le Covid 19 “; ceux sur l’ »immunité naturelle”; ceux suggérant que le Covid 19 “s’est échappé d’un laboratoire” ; et même des “blagues inquiétantes.”


4. Tous ces contenus étaient considérés comme des “violations potentielles” ou des “incidents” de désinformation par le Virality Project, une plateforme très vaste consistant en un dispositif de suivi de milliards de posts sur les réseaux sociaux procédant d’un partenariat entre l’Université de Stanford, les agences fédérales, et un vaste ensemble d’ONG (recevant souvent des fonds publics).
5. Juste avant que @ShellenbergerMD et moi-même ayons témoigné devant la Chambre la semaine dernière, des emails du Virality Project ont été découverts dans les #TwitterFiles répertoriant des “discussions concernant d’authentiques effets secondaires aux vaccins” comme des contenus requérant une action punitive.

6. Depuis, nous avons découvert que le Virality Project agissait de concert avec le gouvernement en 2021 afin de lancer un plan de suivi global des contenus concernant le Covid. Au moins six plateformes majeures de l’internet ont été “enrôlées” dans le même système de contraventions JIRA, envoyant chaque jour des dizaines de millions de communications pour examen.
7. Tout en examinant des contenus à une échelle massive pour Twitter, Google/YouTube, Facebook/Instagram, Medium, TikTok, et Pinterest, le Virality Project ciblait en parfaite connaissance de cause des contenus factuellement véridiques et des opinions politiques légitimes dans un contexte caractérisé par un profond manque de rigueur sur la vérité factuelle.


8. Ce récit est important pour deux raisons. Premièrement, en tant qu’instrument de manipulation des foule aux dimensions orwelliennes, le Virality Project a été un succès retentissant. Le gouvernement, l’université, et un oligopole de concurrents potentiels se sont organisés derrière un dispositif secret et d’application uniforme afin de contrôler les messages politiques.
9. Deuxièmement, le Virality Project a contribué à l’accélération de la censure numérique, passant d’un modèle de triage de la vérité et du mensonge à un modèle plus sinistre, souvent concentré sur la conformité à une ligne politique sans égard pour les faits.
10. LE DEBUT: le 5 février 2021, juste après la prise de fonction de Joe Biden, Stanford a écrit à Twitter afin de lui présenter le Virality Project. Dès le 17 février, Twitter avait accepté de rejoindre le projet et recevait son premier rapport sur la “désinformation antivax”, qui contenait beaucoup de communications collant rigoureusement à la réalité factuelle.

11. 22 février 2021: Stanford accueillait des vétérans de Twitter comme Yoel Roth et Brian Clarke, et leur expliquait les modalités pour rejoindre le système JIRA. La vidéo très conviviale peut-être visionnée à ce lien [l’accès à la consultation de la vidéo sur ce lien a été restreinte sans doute après la publication des Twitter Files 19 sur Twitter):
12. 2 mars 2021: “Nous sommes au début de notre campagne de lancement de la procédure de notification envers les plateformes.” En plus des 7 principales plateformes, VP a très vite gagné en “visibilité” sur des “plateformes alternatives comme Gab, Parler, Telegram, et Gettr” – lui assurant une surveillance quasi-totale de tout le paysage des réseaux sociaux.

13. Jusqu’en juillet 2020, les directives internes de Twitter sur le Covid 19 requéraient qu’un contenu soit “manifestement faux” ou contienne un « exposé [mensonger] des faits » pour qu’il puisse faire l’objet d’une mesure. Mais le Virality Project, en partenariat avec le CDC, a promu de nouveaux standards.


14. Le Virality Project a sommé Twitter de qualifier de “mésinformation typiques sur votre plateforme” les “échanges factuellement fondés susceptibles d’alimenter l’hésitation”, par exemple les mentions de “morts de célébrité contemporaines de l’injection du vaccin” ou concernant la fermeture d’une école au centre de l’Etat de New York après des constatations d’infections post-vaccination.

15. Dans un email à Twitter, les responsables du VP faisaient part de leur préoccupation concernant ce qu’ils qualifiaient de construction d’un “récit sur les passeports vaccinaux”, alléguant que les “craintes” exprimées au sujet de tels programmes “avaient contribué à élargir le récit hostile à la vaccination en l’associant à la perte de droits et de libertés”. Ces discussions devaient donc être répertoriées comme des cas de “mésinformation”.

16. Virality Project signalait fréquemment des témoignages sur les effets secondaires comme de la mésinformation. Les signalements incluaient la circulation de témoignages véridiques de caillots sanguins causés par les vaccins AstraZeneca à un article du New York Times sur des personnes vaccinées qui avaient contracté la maladie sanguine thrombocytopénie.


17. Dès le mois de mars 2021, le personnel de Twitter reprenait verbatim les éléments de langage de Virality Project, décrivant les “campagnes contre les passeports vaccinaux”, les “craintes concernant les immunisations obligatoires”, et le “mésusage d’outils officiels de reporting” comme des “violations en puissance” des conditions d’utilisateurs.

18. Cela faisait écho à un rapport adressé à Twitter par le Global Engagement Center concernant les comptes “apparentés à la Russie” : “Bien que les posts sur ce compte soient légitimes et factuellement conformes à la réalité… les contenus postés sont hostiles aux politiciens italiens, de l’UE et des Etats Unis”. https://drive.google.com/file/d/1u2412d

19. Le même rapport du GEC retrouvé dans les #TwitterFiles identifiait l’ancien Président du Conseil Italien Giuseppe Conte et l’ancien secrétaire du parti démocrate italien Nicola Zingaretti (souvent comparé à Bernie Sanders) comme étant des comptes “étroitement liés” à des réseaux “apparentés à la Russie”.



20. le Virality Project a inauguré les méthodes de qualification de “désinformation” de contenus en fonction du critère de qualification de l’audience des messages. Si la mort consécutive à la vaccination de la femme noire Drene Keyes est passée inaperçue sur les réseaux sociaux après avoir fait l’objet de nombreux commentaires essentiellement hostiles à la vaccination sur les médias locaux, c’est parce qu’elle était devenue un cas de « désinformation ».

21. VP mettait en garde contre le “simple fait de poser des questions”, suggérant qu’il s’agit d’une « tactique communément employée par des diffuseurs de mésinformation ». Il a aussi décrit un « rassemblement Mondial en faveur de la liberté organisé sur Telegram » comme un cas de désinformation.


22. “PRESQUE TOUJOURS SIGNALABLE” Le VP encourageait les plateformes à cibler des personnes précises, et non des posts, au moyen de types de rapports que l’ont croirait directement sortis de Minority Report, selon une logique de lutte “prédictive contre le crime”. Qualifiant des personnes comme Robert Kennedy Jr. Comme des “multirécidivistes”, le VP référençait “un large volume de contenus comme presque toujours signalable.”

23. De façon répétée et extravagante, VP faisait preuve d’un patent manque de rigueur dans l’appréciation des faits. Dans un email à Twitter sur la “mésinformation”, le projet évoquait la possibilité d’ “intervenir” sur un “récit extrêmement populaire concernant l’immunité naturelle.”

24. En avril 2021, le VP a décrit des infections “post-injection” comme des “évènements extrêmement rares” auxquels il ne fallait pas faire référence au motif qu’ils alimentaient la croyance que “les vaccins sont ineffectifs”.

25. Plus tard, lorsque “le CDC a modifié sa méthodologie de comptabilisation des cas de Covid parmi les populations vaccinées”, en ne comptabilisant que le cas ayant entrainé une hospitalisation ou un décès, le VP s’est plaint que les comptes antivax de RFK Jr. et “WhatsHerFace” aient retweeté des informations sur cette modification, la taxant d’ »hypocrisie”.

26. Quelques mois plus tard : “des infections post-injections se produisent ».

27. Avec une ironie glaçante, le VP a effectué des recherches par mot clé autour du terme “Etat policier” (Surveillance State). Ainsi, un partenaire occulte et non responsable des bureaucraties de l’Etat a décrété que l’opinion selon laquelle “les vaccins font partie du dispositif de l’Etat policier” devait être ajoutée à la liste des pensées prohibées en la qualifiant de “théorie du complot.”

28. Un an plus tard, le 26 avril 2022, le VP a émis un rapport appelant à la mise en place d’un “mécanisme de contrôle national des rumeurs sanctionnant des récits émergents “, et d’un “centre d’excellence en matière de mésinformation et de désinformation” devant être hébergé au sein de la CISA, elle-même logée au sein du département de la sécurité intérieure.


29. Le jour suivant, le 27 avril 2022, le secrétaire Alejandro Mayorkas, qui dirige DHS, a annoncé lors d’une audience devant la sous-commission de la chambre aux appropriations qu’un “conseil de gouvernance en matière de désinformation” (Disinformation Governance Board) avait été créé, et devait être dirigé par le censeur chantant Nina Jancowitz. [NdT : Nina Jancowitz s’est fait connaitre comme une influenceuse sur Tik Tok, où elle avait posté une vidéo d’elle-même, imitant la célèbre actrice Julie Andrews dans Mary Poppins, avec des paroles sur le complotisme et la désinformation.]
30. Jusque dans son dernier rapport, VP soutient que le fait de suggérer que les vaccins n’empêchent pas la transmission, ou que les gouvernements s’apprêtent à introduire des passeports vaccinaux, doivent être qualifié de mésinformation. Les deux suggestions se sont avérées ô combien véridiques.
31. Le fondement du Virality Project n’était pas la “vérité factuelle”, mais la soumission du public à l’autorité, l’acceptation sans réserve et sans questionnements de récits et de déclarations émanant de personnalités comme Anthony Fauci. Le concept central autour duquel le projet était structuré est “vous ne pouvez pas encaisser la vérité”.
32. Un des quatre principaux partenaires du Projet, le contractant du Pentagone Graphika, a expliqué dans un rapport concernant “Fauxi” que, puisqu’on ne peut pas faire confiance à la capacité du public de raisonner par lui-même, il doit être protégé contre des vérités qui pourraient amenuiser sa foi dans l’autorité.

33. “Le processus continu consistant à jeter le doute et l’incertitude sur les dires de l’autorité” écrit Graphika dans un rapport adressé à Twitter, “mène à une société dans laquelle la distinction du vrai et du faux est une difficulté insurmontable”.

34. Pour cette raison, le projet partenaire du CDC se concentrait souvent sur des “évènements” de désinformation impliquant Fauci, ajoutant que “la divulgation des emails de Fauci alimente la défiance”, et renforce l’allégation selon laquelle il aurait “trompé le public”.

35. Une étude de la clinique de Cleveland a établi qu’une infection antérieure conférait la “même immunité” que le vaccin, mais VP a décrété que ladite découverte devait céder le pas devant le récit officiel : “peu importe que le consensus scientifique soit en train d’évoluer, ‘l’immunité naturelle’ est une opinion courante… chez les militants anti-vaccins.”


36. Les communications du Virality Project concernant les “CONTENUS SOUVENT VRAIS” reflètent la même tendance que les documents produits dans une affaire récente Louisiana c. Biden, qui montrent que Facebook a admis auprès de l’OMS, qu’il censurait aussi des contenus factuellement véridiques.

37. Depuis le début, Stanford a expliqué que le Virality Project poursuivait en essence le travail de son Election Integrity Partnership de 2020. “Nous utilisons le même système JIRA que celui du EIP”, ont-ils écrit.

38. Dans le dernier fil des #TwitterFiles, nous avons posté la vidéo du directeur de l’EIP, Alex Stamos, décrivant ce projet comme un dispositif par lequel Stanford opère “dans une zone où le gouvernement ne peut s’aventurer” légalement. (h/t Foundation for Freedom online).
39. Nous avons aussi montré une vidéo dans laquelle Stamos introduit le nouveau directeur de recherches de l’EIP Renee DiResta comme ayant “travaillé pour la CIA”. En 2021-2022, DiResta était répertoriée comme une “universitaire de Stanford”, “dirigeant” le Virality Project.

40. Dès octobre 2020, Stamos faisait des effets d’annonces dans la direction du Virality Project, affirmant au cours d’une conférence sur la cybersécurité que la mission de “lutte contre la désinformation” avait besoin d’un nouveau terrain.
41. “Nous parlons beaucoup trop d’affaires étrangères… c’est sexy, et fun, mais c’est un peu trop dans le registre de la guerre froide” disait-il, ajoutant aussitôt que “la très grande majorité” de nos problèmes sont maintenant domestiques. “Dans un rapport de 80-20… j’estime que les priorités doivent être inversées.”
42. Les partenaires de VP sont le contractant du département de la défense Graphika, le Center for an Informed Public (CIP), qui reçoit ses financements de la National Science Foundation, le DFRLab, financé par le GEC, et le NYU Center for Social Media and Politics, or CSMaP.




43. Par la suite, VP a affirmé travailler en partenariat avec “plusieurs agences gouvernementales”, incluant le bureau du chirurgien en chef (Office of the Surgeon General) et le CDC. Il travaille en outre avec la CISA (Cybersecurity and Infrastructure Security Agency) du DHS et le Global Engagement Center (GEC), entre autres.


44. En résumé, la mission de l’Amérique en matière d’information est passée du contreterrorisme extérieur, afin d’arrêter les “interférences étrangères” avant qu’elles n’atteignent des audiences domestiques, à 80% de contenu domestique, plus ou moins vrai. Le conseil de gouvernance en matière de désinformation n’a peut-être pas vu le jour, mais la police de la pensée existe bel et bien.
45. Avec tous mes remerciements à @NAffects pour son travail sur ces révélations, ainsi qu’à @Techno_Fog, @ShellenbergerMd, @bergerbell, @SchmidtSue1, @aaronjmate et toute l’équipe de http://racket.news. Merci tout spécialement à @MikeBenzCyber Recherches effectuées par un tiers. Des contenus peuvent avoir été laissés de côté.
Source : https://amerika.substack.com/p/quand-les-twitter-files-deviennent

