À la une des médias en Italie : « l’Italie risque-t-elle un confinement énergétique ? »
Publié en italien le 17 avril 2026 par alvolante.it
LE FACTEUR HORMUZ : LE « GOULET D’ÉTRANGLEMENT »
Le détroit d’Ormuz est une bande de mer large d’à peine 33 km à son point le plus étroit. Environ 20 à 25 % du pétrole mondial transite par là. En cas de conflit ouvert avec l’Iran et de fermeture du détroit, l’impact serait immédiat.
QUELS RISQUES POUR L’ITALIE ?
Environ 20 à 25 % de nos importations totales (en additionnant l’Irak, l’Arabie saoudite, le Koweït et les Émirats) transitent par Ormuz. Une fermeture totale ne signifierait pas que nous serions à court de carburant dès demain matin, mais elle déclencherait deux effets en chaîne :
- Choc des prix : le baril pourrait grimper bien au-delà de 120-150 dollars, entraînant des prix records à la pompe pour l’essence et le diesel (plus de 2,50 €/litre).
- Ralentissement du raffinage : nos raffineries sont calibrées pour des « mélanges » spécifiques de pétrole brut. Si le pétrole du Moyen-Orient venait soudainement à manquer, il ne serait pas possible de le remplacer immédiatement d’un point de vue technique.
SOMMES-NOUS MENACÉS D’UN « CONFINEMENT » ?
La réponse courte est : non, mais cela nous coûterait très cher. Voici pourquoi nous ne nous retrouverions pas à pied (tout de suite) :
Réserves stratégiques
Conformément à la loi, l’Italie détient des stocks de sécurité équivalents à 90 jours d’importations nettes. Cela signifie que nous disposons de trois mois d’autonomie totale pour gérer l’urgence.
Diversification
Contrairement aux années 70, nous achetons aujourd’hui du pétrole à plus de 30 pays. Si le Golfe se ferme, nous pouvons augmenter les livraisons en provenance des États-Unis, de la mer du Nord ou de l’Afrique de l’Ouest (Nigeria/Angola).
Production nationale
Bien qu’elle ne couvre que 7 à 8 % des besoins, la production en Basilicate et en Sicile constitue une « réserve » interne qui n’est pas affectée par les routes maritimes.
LE PLAN DU GOUVERNEMENT EN CAS D’URGENCE
Le ministère de l’Environnement et de la Sécurité énergétique (MASE) a déjà préparé un plan d’urgence à plusieurs niveaux. Si la crise venait à s’aggraver, le « confinement énergétique » ne serait pas une improvisation, mais un protocole rigoureux :
Niveau 1 (Pré-alerte)
Surveillance étroite et accords avec les pays fournisseurs « sûrs » pour augmenter les livraisons.
Niveau 2 (Alerte)
Intervention sur les prix. Le gouvernement peut prolonger la réduction des accises (comme déjà envisagé pour mai 2026) afin d’éviter que le prix de l’essence ne dépasse des seuils psychologiques tels que 2,50 €/litre.
Niveau 3 (Urgence/Confinement)
Dans ce scénario extrême, des mesures de rationnement seraient mises en place :
- Réduction des limitations de vitesse sur autoroute (pour consommer moins de carburant).
- Dimanches sans voiture ou circulation alternée à l’échelle nationale.
- Réduction du chauffage dans les bureaux publics pour économiser le fioul destiné au transport lourd.
LE VERDICT (PAS SEULEMENT) POUR LES AUTOMOBILISTES
Plus qu’un « confinement énergétique » sous forme de stations-service fermées, le véritable risque est un choc économique. Un conflit prolongé en Iran rendrait l’utilisation de la voiture de plus en plus difficile en raison de la hausse des coûts, qui se répercuterait ensuite en cascade sur presque toutes les marchandises, puisque la plupart sont transportées par la route. Cela ferait grimper l’inflation et aurait donc un impact négatif, non seulement sur le panier de la ménagère, mais aussi sur les comptes de l’État et, par conséquent, sur l’ensemble de la collectivité.
Source en italien : https://www.alvolante.it/news/l-italia-rischia-il-lockdown-energetico-l-incognita-hormuz-e-mappa-dei-nostri-rifornimenti-413253


