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Et si on vous payait pour vous faire vacciner ? Cette proposition choc d’un rapport remis au gouvernement – Article BFM

Publié par BFM TV le 25 septembre 2026

Un rapport sur une meilleure articulation entre l’Assurance maladie et les mutuelles, demandé par le gouvernement, propose un bonus accordé par les mutuelles pour se faire vacciner ou dépister. Les syndicats plaident plutôt pour une interdiction des dépassements d’honoraires et une meilleure pédagogie.

Et si on vous payait pour vous faire vacciner? C’est l’idée issue du rapport dédié à l’articulation entre l’assurance maladie obligatoire et les complémentaires santé. Ce pavé de plus de 100 pages est le résultat d’une mission demandée par le gouvernement en janvier dernier à quatre experts: Élisabeth Hubert, présidente de la Fédération nationale des établissements d’hospitalisation à domicile (Fnehad), Franck Von Lennep, conseiller maître à la Cour des comptes, Stéphane Junique, président du groupe Vyv, et Nicolas Bouzou, fondateur d’Asterès et président des rencontres de l’avenir.

Les experts ont ainsi formulé 22 recommandations, dont l’une risque de faire grincer des dents: « la mission recommande également d’offrir la possibilité aux organismes d’assurances santé de mettre en place des mécanismes de bonus prévention afin d’encourager les assurés, y compris via des bonifications financières, à participer aux campagnes de dépistage, aux vaccinations ou aux parcours de prévention recommandés. »

Ce « bonus » pourrait prendre la forme d’un avantage tarifaire ou d’accès à des services renforcés, a expliqué Stéphane Junique, président du groupe mutualiste Vyv et l’un des co-auteurs du rapport. Les complémentaires santé utiliseraient l’argent collecté des cotisations, à hauteur de 2% a minima pour financer ce bonus. Ce prélèvement dédié à la prévention serait également obligatoire et passerait par le vote d’une loi, demande le rapport.

La couverture vaccinale est trop faible

L’objectif affiché est d’augmenter les taux de couverture vaccinale au sein de la population active. « Sur le dépistage du cancer colorectal, par exemple, seulement un tiers des personnes concernées par ce test le réalise », ajoute Stéphane Junique. Il y a quelques semaines, un rapport de la Cour des comptes indiquait que la couverture vaccinale contre la grippe atteignait 54% pour les plus de 65 ans sur 2025-2026 en France, en recul depuis 2022. Idem pour les couvertures vaccinales contre le papillomavirus ou encore la rougeole où les objectifs de l’Organisation mondiale de la santé ne sont pas atteints.

Pour trouver les personnes qui auraient besoin de vaccins ou de se faire dépister, les rapporteurs du rapport insistent sur le renforcement du partage des données de santé entre l’Assurance maladie et les complémentaires santé.

Des bonus aux résultats mitigés sur la vaccination

D’autres pays ont déjà testé des bonus pour inciter à la vaccination et au dépistage, en particulier pendant la pandémie de Covid-19. C’est le cas de la Suède en 2021 qui donnait 200 couronnes (24 dollars américains) aux personnes qui acceptaient de recevoir une première dose du vaccin contre le Covid. Cette incitation financière a permis de faire grimper les taux de vaccination de plus de 4 points.

À San Luis aux Philippines, les vaccinés pouvaient participer à un tirage au sort pour gagner une vache, et à Hong Kong, un appartement était mis en jeu. Une revue des études sur les effets de ces bonus, publiée sur le journal scientifique Nature, constate que « les résultats concernant l’efficacité de ces initiatives sont mitigés, et les recherches menées suggèrent que les paiements garantis et immédiats sont plus efficaces que les gadgets promotionnels et les loteries ».

Pour Dominique Corona, secrétaire général adjoint de l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA), ce dispositif n’est « pas une bonne idée ». L’organisation syndicale appelle plutôt à « davantage de pédagogie sur la vaccination », notamment en passant par l’obligation pour les médecins de recourir au dossier médical partagé (DMP) sur lequel ils pourraient suivre plus facilement les parcours de dépistage et de vaccination. Aujourd’hui, seulement 35% de la population a ouvert son espace santé. Parmi eux, seuls 11% ont un élément vaccinal qui permet de suivre l’état d’avancée des vaccinations depuis l’enfance, avait relevé la Cour des comptes dans son rapport sur les politiques de vaccination en France.

« Il y a d’autres mesures à mettre en place plus utiles »

L’organisation syndicale plaide aussi pour l’arrêt des dépassements d’honoraires concernant les actes de prévention, l’un des principaux freins à l’adhésion à certains dépistages. « Vous pouvez aller à l’hôpital où il n’y a pas de dépassement d’honoraires, mais il faudra attendre plusieurs mois au lieu de quelques jours ou semaines chez les professionnels libéraux », s’agace Dominique Corona.

« Avant de payer les gens, il y a d’autres mesures à mettre en place plus utiles, plus intéressantes et plus efficaces », conclut le secrétaire général adjoint de l’Unsa.

Outre ce bonus appliqué aux questions de prévention, ce rapport sur une meilleure articulation entre l’Assurance maladie obligatoire (AMO) et les Assurances maladie complémentaires (AMC) propose de laisser plus de place aux mutuelles dans la prise en charge des soins afin de recentrer les remboursements de l’Assurance maladie sur les soins dits « essentiels ».

Source : https://www.bfmtv.com/economie/economie-social/et-si-on-vous-payait-pour-vous-faire-vacciner-cette-proposition-choc-d-un-rapport-remis-au-gouvernement_AN-202609230485.html