Quarantaine, cas contact… Que contient le nouveau décret du gouvernement sur l’hantavirus ?
Publié par BFM TV le 11 mai 2026
Le gouvernement a publié un décret instaurant des « mesures d’urgence » pour traiter les cinq ressortissants français se trouvant à bord du MV Hondius et leurs cas contacts, susceptibles d’être infectés par la souche Andes de l’hantavirus. Un dispositif qui pourrait être amené à évoluer.
« Le texte entre en vigueur immédiatement. » Alors que les cinq ressortissants français qui se trouvaient à bord du navire MV Hondius ont été rapatriés sur le territoire, le Premier ministre Sébastien Lecornu a signé un décret ce dimanche 10 mai [2026] pour la mise en place de « mesures d’urgence nécessaires à la gestion du risque d’infection à hantavirus Andes ».
L’objectif de ce décret, publié au Journal officiel ce lundi 11 mai [2026], est de « prévenir toute propagation ». Il indique que toutes les personnes rapatriées sont d’ores et déjà placées « en quarantaine dans un établissement de santé », placés « dans des chambres qui sont faites exprès, avec des flux d’air qui permettent d’éviter la contamination », et des professionnels soignants « formés à prendre en charge des malades contagieux », a précisé Stéphanie Rise, ministre de la Santé.
Ces personnes resteront à l’hôpital « jusqu’à nouvel ordre », pour a minima 15 jours, a-t-elle dit.
Le document précise que les personnes « ayant été en contact avec un passager du navire MV Hondius ou avec toute personne ayant été infectée ou présentant un risque sérieux d’infection peut faire l’objet de mesures de quarantaine ou d’isolement ».
Des mesures amenées à évoluer
Face à l’identification de 22 cas contacts, le document instaure une procédure précise de suivi des personnes ayant fréquenté les cinq ressortissants français.
Au-delà de la période d’évaluation médicale, les passagers et les cas contacts seront maintenus en quarantaine ou placés à l’isolement à domicile, pour une durée totale maximum de 42 jours, suivant les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Selon l’article L3131-12 du code de la santé publique, ces mesures peuvent permettre l’obligation de ne pas sortir de son domicile, sous réserve des déplacements spécifiquement autorisés par l’autorité administrative, ainsi que l’interdiction de fréquenter certains lieux susceptibles de favoriser la propagation de la maladie.
« On sait qu’il y a un temps d’incubation qui est long pouvant durer jusqu’à six semaines« , a justifié Maud Bregeon au micro de BFMTV-RMC. « L’ensemble des prises de contact ont été évidemment réalisées. Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour protéger nos concitoyens ».
Néanmoins, après le test positif d’une passagère française du MV Hondius, annoncé ce lundi 11 mai [2026], « les modalités de cet isolement pourraient évoluer ou, tout du moins, seront précisées par Stéphanie Rist, la ministre de la Santé« , a ajouté la porte-parole du gouvernement.
D’autant plus que la souche Andes de l’hantavirus, bien que connue de l’OMS, reste rare et donc aux effets encore méconnus. « Les sujets contacts sont considérés comme à haut risque. On est en train de découvrir cette pathologie, il faut accepter que l’on va apprendre en avançant au sujet du virus« , explique Gilles Pialoux, infectiologue à l’hôpital Tenon à Paris, au micro de BFMTV.
Afin de s’assurer du respect du décret, les personnes identifiées feront l’objet d’un suivi téléphonique régulier. Des agents pourront également se présenter à tout moment pour s’assurer de leur présence à leur domicile. Le non-respect des mesures actuelles mises en place pour les passagers et cas contacts est puni de six mois d’emprisonnement et de 10.000 euros d’amende.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu tiendra ce lundi après-midi [11 mai 2026] une nouvelle réunion à Matignon sur la situation liée à l’hantavirus en présence notamment de la ministre de la Santé Stéphanie Rist et du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.


