« Les mesures prises en France sont disproportionnées »: le ras-le-bol d’un couple cas contact à l’hantavirus placé à l’isolement depuis un mois
Publié le 11 juin 2026 par BFMT TV
Un couple de Français, ex-passagers du MV Hondius où trois personnes sont mortes après avoir contracté l’hantavirus, sont confinés depuis un mois à l’hôpital. Ils aimeraient poursuivre leur isolement à domicile.
Depuis un mois, Julia et Roland Seitre sont confinés à l’hôpital Bichat à Paris: le couple était à bord du bateau de croisière MV Hondius, touché par des cas d’hantavirus en mai dernier. Comme deux autres Français, ils sont cas contact avec une passagère néerlandaise contaminée à l’hantavirus et, depuis, décédée fin avril [2026]. Ils doivent rester à l’isolement.
« Heureusement, on a nos ordinateurs, notre télévision, notre téléphone, notre internet », énumère Roland au micro de BFMTV, vêtu de sa blouse bleue d’hôpital. « Les 30.000 photos du voyage sont réglées, du moins le travail est fait », ironise-t-il témoignant de son ennui.
Pour s’assurer de leur état de santé et du fait qu’ils n’aient pas contracté l’hantavirus dont la période d’incubation varie d’une à six semaines, l’équipe médicale leur rend visite plusieurs fois par jour. Roland et Julia doivent aussi se soumettre à deux prises de sang par semaine.
Depuis dix jours, le couple peut sortir une heure par jour dans les jardins de l’hôpital, équipé de masque, en respectant les distances de sécurité et sous la surveillance du personnel. « On sort dans les jardins de Bichat, on fait 150 mètres, on a une table et des chaises sous un arbre, on peut faire un peu d’exercice, et papoter avec nos collègues de réclusion », décrit Roland.
« On pourrait faire exactement la même chose à domicile »
Les ex-passagers du MV Hondius font part de leur agacement: leur test étant jusqu’ici négatif, ils veulent poursuivre leur confinement chez eux. « Les mesures d’isolement qui ont été prises en France sont disproportionnées », estime Julia.
« On est dans des conditions qui occupent des chambres d’hôpitaux, et du personnel médical, ce qui n’est absolument pas nécessaire, puisque nous ne sommes pas malades », relève-t-elle. « On pourrait faire exactement la même chose à domicile, avec des prises de sang pour vérifier qu’on ne le devient pas ».
Selon le décret du Premier ministre relatif à l’hantavirus, les croisiéristes peuvent être confinés à l’hôpital 42 jours. Le gouvernement français avait appliqué un protocole particulièrement strict après avoir consulté des experts scientifiques globalement rassurants sur le faible risque d’épidémie mais favorables à d’importantes précautions, quitte à réduire par la suite les durées d’isolement.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a rapporté fin mai que la justice avait « validé la légalité » de ces décisions, alors qu’aucun cas contact n’a bénéficié d’une sortie anticipée.
« Le choix du Gouvernement est simple : le principe de précaution plutôt que le risque de propagation. À celles et ceux qui acceptent aujourd’hui cette contrainte, la Nation sait ce qu’elle vous doit. La solidarité d’une vingtaine de personnes contribue à protéger 66 millions de Français », avait ajouté le chef du gouvernement.
Les quatre Français encore à l’isolement, dont Roland et Julia, devraient sortir de l’hôpital au plus tard le 22 juin [2026]. L’avocat du couple a saisi la justice pour que la mesure d’isolement à l’hôpital soit levée et qu’ils puissent achever ce confinement chez eux.
Par ailleurs, la période d’isolement des personnes cas contacts via les vols internationaux s’est terminée samedi 6 juin [2026], avait indiqué le ministère de la Santé, la mesure concernant 22 personnes.
L’hantavirus, qui se transmet surtout par contact avec un rongeur mais peut ensuite donner lieu à des contaminations interhumaines, cause des infections respiratoires pouvant être très meurtrières. Dans le cas du bateau de croisière Hondius, une dizaine de cas ont été recensés chez les passagers, dont trois décès.
Une passagère française a été contaminée à l’hantavirus, la seule du pays à être testée positive. Hospitalisée à Paris, elle est toujours « en réanimation » dans un état « stable », a précisé le ministère début juin.


